
Les Lauréates de la première cohorte de AWiDH accompagnées des mentors
SANTÉ NUMÉRIQUE
Six mois après le lancement de sa première cohorte, l’initiative African Women in Digital Health (AWiDH) a dévoilé les six lauréates retenues à l’issue d’un processus de sélection continental. Issues de différents pays africains, ces entrepreneures ambitionnent de transformer durablement les systèmes de santé grâce à des solutions innovantes en santé numérique.
Leadership féminin en santé numérique
Lancée pour renforcer l’égalité des sexes dans la gouvernance de la santé numérique en Afrique, AWiDH est portée en collaboration avec Speak Up Africa, organisation spécialisée en communication stratégique et plaidoyer. Active sur des enjeux majeurs comme le paludisme, les maladies tropicales négligées, la vaccination, l’assainissement et la recherche en santé mondiale, l’organisation accompagne les décideurs et les citoyens africains dans la mise en œuvre de solutions durables.
Selon Yaye Sophietou Diop de Speak Up Africa, l’initiative dépasse le cadre d’un mentorat ponctuel. Elle vise une implication durable des femmes dans les espaces institutionnels et politiques liés à la santé numérique, notamment à travers la création d’un réseau panafricain de femmes leaders, la production d’outils de plaidoyer et la mise en place d’un mentorat intergénérationnel. Les six lauréates bénéficieront ainsi d’un accompagnement financier, d’un mentorat structuré et d’une intégration dans des réseaux stratégiques des secteurs de la santé et de la technologie.
Démocratiser l’accès à la santé reproductive
Parmi les projets distingués, figure celui du Dr Viviane Oke. Elle est médecin béninois, fondatrice de l’application « Elles ». C’est une plateforme de télémédecine de santé reproductive déployée dans plus de vingt pays africains. Au-delà d’une simple application, « Elles », se veut un écosystème complet combinant plateforme numérique, contenus éducatifs, événements et activités communautaires, avec l’ambition de redonner aux femmes le contrôle sur leur santé.
Son initiative s’attaque en priorité au déficit d’accès à une information fiable et culturellement adaptée sur la santé sexuelle et reproductive. « J’ai voulu répondre en priorité au besoin d’accès à une information simple, fiable et culturellement adaptée sur la santé sexuelle et reproductive. En Afrique, beaucoup de femmes n’ont pas toujours accès à un professionnel de santé, et même lorsqu’elles y ont accès, le tabou reste très présent », explique-t-elle.
À travers « Elles », le médecin propose des outils permettant aux femmes de suivre leur cycle menstruel, de reconnaître les signaux d’alerte, de prévenir les cancers féminins et d’accéder à des professionnels de santé en toute confidentialité.
« Ce qui m’a profondément motivée, ce sont les réalités rencontrées durant mes études de médecine : le manque d’informations fiables, les difficultés d’accès aux soins, les conséquences dramatiques d’avortements clandestins ou de cancers du col de l’utérus évitables. J’ai vu des femmes ne pas savoir vers qui se tourner pour gérer leurs troubles menstruels, leur contraception ou leur désir de maternité », confie-t-elle.
Une dynamique continentale
À travers ces parcours, AWiDH met en lumière le rôle stratégique des femmes africaines dans l’innovation en santé numérique. L’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à bâtir des systèmes de santé plus inclusifs, plus efficaces et mieux adaptés aux réalités du continent.
En soutenant ces entrepreneures, AWiDH entend ainsi contribuer à une transformation structurelle de la gouvernance et de l’accès aux soins en Afrique, avec le numérique comme levier central.
RACHEL LEA DJEUNGA









