août 29, 2025
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Eric Chinje, Journaliste camerounais

La réalité est cruelle: le Cameroun n'est plus dirigé par le président que nous connaissons. Le fonctionnement de l'État repose depuis des années sur une délégation permanente de signature confiée au Secrétaire général de la Présidence, M. Ferdinand Ngoh Ngoh, dont la longévité au poste est inédite. Ce dernier, en lien étroit avec l'entourage immédiat de la Présidence, concentre entre ses mains des pouvoirs que la Constitution ne lui reconnaît pas.

Le 12 octobre 2025, notre pays vivra un moment décisif de son histoire: l’élection présidentielle. Douze candidats sont en lice. Parmi eux, le président sortant Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 43 longues années, sollicite un huitième mandat. Pourtant, il n’est plus apparu en public depuis des mois, et son état de santé soulève de sérieuses interrogations. La question de la vacance du pouvoir s’impose désormais avec une acuité que nul ne peut ignorer.

La réalité est cruelle: le Cameroun n’est plus dirigé par le président que nous connaissons. Le fonctionnement de l’État repose depuis des années sur une délégation permanente de signature confiée au Secrétaire général de la Présidence, M. Ferdinand Ngoh Ngoh, dont la longévité au poste est inédite. Ce dernier, en lien étroit avec l’entourage immédiat de la Présidence, concentre entre ses mains des pouvoirs que la Constitution ne lui reconnaît pas. Le pays vit ainsi une gouvernance par procuration, où des acteurs non élus influencent directement les décisions majeures de l’État. Une telle situation est devenue insoutenable.

Pendant ce temps, l’économie nationale est à genoux, rongée par une corruption endémique. Les institutions censées garantir la régularité du scrutin la commission électorale et le Conseil constitutionnel – sont totalement inféodées au régime. Un tel verrouillage fragilise la confiance des citoyens et menace la mobilisation électorale, au profit d’un système qui n’a qu’un seul objectif: se maintenir coûte que coûte.

Face à cette impasse, trois voies s’ouvrent à nous:

1. Œuvrer à une coalition des 11 candidats de l’opposition autour d’un candidat de consensus pour affronter le régime. Mais il faut le reconnaître les Ego et les rivalités personnelles rendent cette option hautement improbable.

2. Faire comprendre aux Camerounais que voter pour le RDPC revient à valider le maintien d’un pouvoir confisqué par un cercle restreint, sans véritable légitimité démocratique. A défaut de preuves tangibles de l’activité réelle du président, nous devons appliquer l’article 6.4 de la Constitution: Paul Biya est indisponible, et son indisponibilité ne saurait se transformer en un pouvoir exercé par délégation indéfinie.

3. Convaincre les deux candidats issus du Grand Nord de s’unir, et de rallier un ou deux autres candidats, pour former une coalition régionale et nationale capable de l’emporter.

Camerounaises, Camerounais,

Il n’y a pas de destin figé. L’avenir appartient à un peuple qui ose exercer pleinement sa souveraineté. Refuser le statu quo est un devoir patriotique. Un vote sanction est impératif. Car si nous acceptons encore de cautionner l’imposture, alors nous serons collectivement responsables des conséquences tragiques qui s’annoncent.

Le temps est venu. Le choix est entre vos mains.

Le peuple camerounais sera son propre juge.

Yaoundé, le 22 août 2025.

Eric CHINJE, Léopold NZEUSSEU, Jean-Vincent TCHIENEHOM, Me Alice NKOM, Henriette EKWE, Alice SADJO, Me Emmanuel SIMH, Xavier MESSE, Haman MANA, Baba WAME, Me Claude ASSIRA, Chrétien TABETSING, Jean-Marc BAOH, Léon ONAMBELE, Edouard KUEGOUE, Jean-Pierre BEKOLO

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