mai 25, 2024
Les constats sont clairs et alarmants. La « Loss and Damage Collaboration » , initiative internationale rassemble les organisations de la société civile, les universités et les experts du domaine.

ENVIRONNEMENT

Elle soutient que les pays en développement vulnérable, face aux pertes et dommages liés au changement climatique, 97 % des personnes affectées par les événements extrêmes vivent dans les pays en développement, alors même que ces pays contribuent le moins aux émissions de CO2. Le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, organisé à Paris les 22 et 23 juin 2023, a été un cadre qui a servi de plateforme d’expression pour les Africains.

Au nom de l’Afrique

Sassou-N’Guesso D. porte la voix de l’Afrique en matière climatique.

Du fait de son statut de président de la Commission climat du bassin du Congo, le chef de l’Etat congolais présent au sommet de Paris s’est exprimé au nom du peuple africain. Il s’est voulu pragmatique et a saisi la communauté internationale ; appelant au lancement de la décennie mondiale de l’afforestation dont l’objectif est d’obliger l’humanité à inverser le cours actuel de destruction des forêts. Une telle intervention se comprend mieux au vu des analyses de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui indiquent que 56 % des 2121 évènements de santé publique enregistrés dans la région africaine entre 2001 et 2021 étaient associés au climat.

On observe sur le continent une augmentation des urgences liées au climat, avec 25 % d’évènements en plus liés au climat, signalés entre 2011 et 2021, par rapport à la décennie précédente. Il faut dire que les maladies hydriques ont représenté 40 % des urgences sanitaires liées au climat au cours des deux dernières décennies. Les maladies à transmission vectorielle, notamment la fièvre jaune, ont compté pour 28 % sur les urgences sanitaires relatifs au climat. 

Chocs climatiques 

Le nombre de catastrophes naturelles a aussi fortement augmenté depuis 2010, avec 70 % de l’ensemble des catastrophes naturelles qui ont eu lieu entre 2017 et 2021. Les inondations sont l’évènement le plus fréquent, représentant 33 % de toutes les catastrophes naturelles signalées. Il faut reconnaitre que du point de vu des réalités quotidiennes, l’Afrique est également confrontée à d’autres effets sanitaires considérables liés aux chocs climatiques, parmi lesquels la malnutrition et la faim dues à des conditions météorologiques défavorables à la production agricole, des difficultés sanitaires et de développement à long terme pour les enfants, ainsi que d’autres maladies infectieuses telles que le paludisme.

D’après la même source, les effets du changement climatique devraient aussi ralentir les progrès contre la faim, avec 78 millions de personnes supplémentaires qui seront confrontées à la faim chronique en Afrique d’ici 2050.

L’Afrique parle d’une voix

On se souvient de la 76ème Assemblée mondiale de la santé qui s’est tenue du 21 au 30 mai 2023 à Genève, en Suisse. Lors de cette rencontre, les gouvernements africains ont lancé une initiative pour renforcer la collaboration multisectorielle et la voix de la santé et du bien-être en Afrique dans les forums mondiaux sur l’action et la négociation climatiques. Cette initiative vise à renforcer les systèmes de santé résilients en Afrique, qui peuvent continuer à fournir des services essentiels même en cas de dévastation causée par les catastrophes naturelles et autres impacts du changement climatique. Elle cherche également à soutenir les États membres dans la réalisation de leurs objectifs en matière de santé liée au climat, en initiant et en renforçant leur cadre juridique, institutionnel et opérationnel pour le travail multisectoriel visant à relever la complexité des défis de santé liés au climat.

Au cours de la 5ème édition de  l’« Africa Health Agenda International Conference » (AHAIC) qui s’est tenue en mars 2023 au Rwanda, le Dr Matshidiso Moeti, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, relevait que « les conséquences du changement climatique ont un effet direct sur la santé et le bien-être des populations africaines, et que l’initiative lancée vise à renforcer les systèmes de santé résilients qui peuvent continuer à fournir des services essentiels, même en cas de dévastation causée par les catastrophes naturelles et autres impacts du changement climatique ».

Dans l’attente de la COP 28.

On se souvient également qu’en décembre 2022, lors de la deuxième Conférence Internationale sur la Santé Publique en Afrique (CPHIA), l’urgence était de donner aux représentants des États africains le pouvoir de plaider d’une seule voix lors de la 78ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies ( UNGA 78) d’ une part, et au cours de la 28ème session de la Conférence des Parties ( COP 28) qui se tiendront respectivement aux mois de Septembre et de Novembre 2023. Le but étant ici de parvenir à concrétiser l’idéal d’une Afrique parlant d’une seule et unique voix. « Nous voulons répondre aux menaces émergentes à l’intersection de la santé et du changement climatique. 

Les pays africains doivent présenter un front uni lors des forums mondiaux sur la santé et le climat. « Nous devons avoir un message uni pour l’Afrique lorsque nous présentons nos demandes et nos exigences lors de l’UNGA 78 et la COP 28, car ce sont les seules occasions qui nous permettront d’influencer les changements de politiques mondiales nécessaires, pour répondre aux besoins des Africains », a souligné le Dr Sabin Nsanzimana, ministre rwandais de la Santé.

Cette volonté de former un front africain dans la lutte contre le changement climatique n’est pas non plus un moyen de cacher les malaises sous–jacents. En effet, à en croire le Dr Githinji Gitahi, PDG du groupe Amref Health Africa, « peu de gouvernements africains ont accordé une attention suffisante à l’impact croissant du changement climatique sur la santé, avec moins de 20 % des pays ayant mentionné la santé dans leurs contributions déterminées au niveau national. » Il a ajouté l’importance de « (…) travailler avec les gouvernements pour les aider à comprendre l’impact du changement climatique sur la santé grâce à des données probantes, afin de mieux protéger les systèmes de santé contre les menaces du changement climatique ». Comme quoi, les barrières au niveau local sont assez préoccupantes.

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