juin 10, 2024

Dg du Gimac

Les comités d’audit et de direction du Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale se réuniront (Gimac) le 05 juin à Yaoundé. Ces instances présidées par le gouverneur de la Béac, Yvon Bangui, vont se pencher sur le dossier du remplacement de Valentin Mbozo’o, le directeur général atteint par l’âge de la retraite, mais dont le mandat avait renouvelé deux fois par l’ancien gouverneur, le Tchadien Abbas Mahamat Tolli.

Le directeur général du Groupement Interbancaire Monétique de l’Afrique centrale (Gimac) aurait des raisons de se faire du soucis de ne plus voir son bail reconduit à la tête de cette structure de paiement par carte bancaire. En interne, certains de ses cadres contestent sa gouvernance. Ils l’ont accusé récemment dans une lettre à lui adressée, et copiée à toutes les instances faitières de la finance régionale de l’espace Cémac « de sectarisme dans sa gestion des ressources humaines ».  Le Comité de direction du Gimac constate que Valentin Mbozo’o a atteint l’âge de faire valoir ses droits à la retraite.

En parcourant les différents chapitres du budget du Gimac pour l’exercice 2024, il apparait clairement que les indemnités de cessation d’activités du directeur général ont été calculés et pris en compte. Ce qui signifie qu’au 30 avril de cette année, Valentin Mbozo’o ne devrait plus faire partie des effectifs du Gimac. Pourtant, l’intéressé a continué de vaquer sereinement à ses occupations dans l’entreprise. 

Le Comité de direction du Gimac que préside le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale fixe au directeur général de cette structure un mandat de 03 ans renouvelable par la volonté du gouverneur, en fonction des résultats produits par la direction générale du Gimac. Valentin Mbozo’o avait été désigné le 20 novembre 2012 à Malabo en Guinée Equatoriale pour conduire cette nouvelle structure.  Le Gimac est en fait né d’une fusion de l’Office monétique de l’Afrique centrale basé à Yaoundé au Cameroun, et la société monétique de l’Afrique centrale établie à Libreville au Gabon.

Des félicitations

L’objectif assigné alors à ce nouveau né est de « promouvoir le développement de la monétique en Afrique centrale… démocratiser la carte bancaire en Afrique centrale, effectuer les opérations de paiement et de retrait avec facilité. », selon son tout premier et actuel directeur général. Depuis ce temps, le mandat du directeur général du Gimac a été reconduit tacitement 04 fois, soit parce que son rendement convenait au gouverneur de la Béac, soit tout simplement parce que ce dernier fermait les yeux pour ne pas voir les échéances échoir.

Aujourd’hui, la situation qui se présente à Valentin Mbozo’o est particulière : en avril 2020, le Tchadien Abbas Mahamat Tolli, alors gouverneur de la Béac, avait des relations étroites avec Valentin Mbozo’o. Il n’avait pas trouvé nécessaire de mettre un terme à son mandat le 03 avril 2023 comme il aurait dû le faire. Le travail abattu par Valentin Mbozo’o pour mettre sur les rails cette structure naissante est suffisamment élogieux pour lui mériter des félicitations.  Cependant, le Dg est resté assis sur une chaise éjectable à tout moment car ne disposant plus de légalité au Gimac.

Blaise-Eugène Nsom : même exigence

D’autres maux sont venus obstruer la quiétude de Valentin Mbozo’o : le 25 mars dernier, quelques cadres du Gimac, des expatriés notamment, ont adressé au directeur général, une lettre pour dénoncer ce qu’ils qualifient « d’errements de gestion, de frustrations, de discriminations, des injustices » que les non-camerounais subiraient au sein du Gimac, venant du directeur général. Cette situation a fini par installer un climat délétère au sein de l’entreprise. Le Gimac est ainsi paralysé, non seulement par une crise de gouvernance, mais il a aussi à sa tête un Dg qui n’a plus de mandat valide car atteint par l’âge de la retraite.

Il revient maintenant au président du Comité de direction, Yvon Sana Bangui, de réunir cette instance pour procéder à la désignation d’un nouveau Dg à la tête du Gimac. Il en va de la nécessité de cet acte pour ramener la sérénité au sein de cette instance de la monétique sous régionale. Un cadre du Gimac formule ses inquiétudes en ces termes : « Lorsque le mandant de l’ancien gouverneur de la Béac Abbas Mahamat Tolli est arrivé à terme le 06 février dernier, Blaise-Eugène Nsom, directeur général du Contrôle général de la Béac avait sommé le gouverneur le même jour, en récitant une panoplie de réglementaires, de libérer son poste. Nous espérons que la même sera faite à Valentin Mbozo’o, en dépit de sa proximité avec celui-ci », estime t-il. Il restera maintenant au Comité de direction de trouver le profil idéal de la personne qui poursuivra le travail du Dg sortant. Sera-t-elle camerounaise ou ressortissant d’un autre pays de la Cémac ? Le postulant devrait maitriser la Béac, mieux, le Gimac.

ADAMOU GARBA

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