mai 25, 2024

Aux deux extrémités, Claude Abé et Prosper Nkou Mvondo, enseignants de Droit, sur le plateau de l'émission " Les grandes gueules", présentée par Bruno Bidjang.

Quand on ramène le débat sur:  "qui est qui ?"  qui a quel grade ? c'est qu'il y a problème : celui de l'affirmation par le grade, et non par les résultats du terrain.

Un jour, un étudiant d’une université d’État entre en classe, les yeux larmoyants, les narines coulantes. Que se passe-t-il, lui demande-t-on? L’étudiant sort d’une punition : un enseignant l’a obligé à se mettre à genoux devant lui pendant 5 mn pour l’avoir salué par  » Bonjour Monsieur « . L’enseignant considère cet épithète comme un « crime de lèse-majesté « , lui qui est Docteur.

Une autre fois, un enseignant dans un Institut privé d’enseignement supérieur prévient ses apprenants: » celui qui n’habille pas de mon grade de docteur mon nom sera sanctionné ! » Cela se passe comme cela, presque partout, dans le monde de l’enseignement supérieur au Cameroun.

Aux « grandes gueules »

Mardi 6 décembre dernier, les professeurs Prosper Nkou Mvondo, enseignant de droit à l’université de Ngaoundéré et Claude Abé, enseignant de sociologie à l’université catholique d’Afrique centrale à Yaoundé se sont déchirés sur le plateau de la chaîne de télévision Vision4, au cours de l’émission de débats baptisée  » Les grandes gueules » du présentateur Bruno Bidjang. 

Prosper Nkou Mvondo conteste à Claude Abé son titre de  » professeur « . Il argumente que  » nulle part dans ses recherches, il n’a trouvé que son collègue a soutenu une thèse de changement de grade pour accéder à celui de professeur « .

Égouts et égos

Claude Abé rétorque que l’État du Vatican, en signant avec l’Etat du Cameroun un « Accord de siège » pour la création de l’Ucac, le Cameroun a conféré à cette université la qualité de valider dans son cadre, des changements de grades. 

Nous en étions là à nous polluer la cervelle en écoutant ces échanges de bas étage. Pourtant, des sujets scientifiques, culturels, économiques, idéologiques, la géopolitique mondiale, il y en a à profusion. En voyant ces deux universitaires sur un plateau, on attendrait d’un modérateur de bon niveau intellectuel, qu’il tire le débat vers les cimes, afin que les téléspectateurs bénéficient de la science des deux intervenants dans les domaines cités plus haut. Non, on nous a descendus dans les égouts, on nous a saturés des egos. Ce fut de la misère intellectuelle !

On a vu des enfants de 15 ans, surdoués, faire des choses extraordinaires dans le monde. On a vu des enseignants d’université, dissimuler leur incompétence derrière des grades ronflants, obtenus après avoir copié des travaux scientifiques ici et ailleurs. Des jurys complaisants se débarrassent toujours à la ponce-pilate de cette catégorie d’impétrants, les laissant à leur conscience.

Le terrain 

Ce que le tandem Nkou Mvondo / Abé nous a offert le 06 décembre n’était rien d’autre qu’un échange entre deux complexés. Ils sont animés de complexes de supériorité et d’infériorité. Chacun veut s’affirmer qu’il est supérieur à l’autre. Le diplôme et le grade les ont rendus fous. Ces deux parchemins ne sont pourtant que 

des présomptions de compétence. Après, le véritable mérite, c’est le terrain. Ce terrain, ce sont des apprenants capables d’évaluer leur enseignant. Ce terrain, c’est la qualité des fruits de la recherche. Ce terrain, c’est la qualité et la quantité des productions scientifiques, des essais de référence publiés. 

Quand on ramène le débat sur:  « qui est qui ? »  qui a quel grade ? c’est qu’il y a problème : celui de l’affirmation par le grade, et non par les résultats du terrain.

Wole Soyinka, le premier Noir Nobel de la littérature avait dit ceci: « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore. » 

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Ces enseignants qui se déchiquetaient sur le plateau de Vision4 ont certainement étudié ou voyagé en Occident. Ont-ils vu là-bas des éminents universitaires revendiquer leurs grades ? Pourtant ils en ont en abondance. Leurs productions parlent à leur place, jamais eux-mêmes ! 

Suivez le conseil de Wole Soyinka, vous serez alors grands. Une démonstration à la télé ne vous apporte rien !

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1 thought on “Débat des complexés 

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