juillet 12, 2024

Le ministre sud-africain de la Justice, Ronald Lamola, et sa délégation, à La Haye (Pays-Bas) le 11 janvier dernier devant la CIJ. Crédit photo: Reuters

Les 15 juges élus de la Cour internationale de justice de l'ONU à la Haye aux Pays-Bas, tiennent leurs premières audiences les 11 et 12 décembre 2024. Cette instance, la plus élevée des Nations Unies, statuent, suite à une plainte déposée par l'Afrique du Sud contre les agissements d'Israël contre le Hamas.

Pretoria estime qu’Israël s’est livré à des « actes génocidaires » à Gaza,  au cours de sa guerre déclarée contre le Hamas. Ronald Lamola, ministre sud africain de la Justice qui conduit la délégation de son pays à la Cour, tente d’obtenir de l’ONU, d’empêcher Israël à poursuivre ses opérations meurtrières qui ne seraient rien d’autre que des actes de « genocide ».

Cette plainte sud-africaine est très importante pour Israël qui, pour la première fois depuis des décennies, boycotte systématiquement les convocations de la Cour. Il a accepté cette fois-ci de se défendre devant les juges de la Haye.

L’Afrique  du Sud démontre qu’Israël aurait violé les obligations qui lui incombent en vertu de la convention sur le génocide. Son acte d’accusation est un document de 84 pages où il est étayé qu’Israël a commis des actes à Gaza qui sont « de nature génocidaire, parce qu’ils visent à provoquer la destruction d’une partie substantielle du groupe national, racial et ethnique palestinien ».

La plainte Sud africaine est soutenue par un dossier constitué des images d’une cruauté indescriptible, des coupures de presse, des déclarations violentes sur vidéo des dirigeants, et des captures d’écran des messages écrits. C’est un ensemble de pièces en béton. Selon le ministère de la Santé du Hamas, plus de 23.500 Palestiniens, dont la plupart sont des femmes et des enfants, ont été tués par des frappes israéliennes. 

Comme il fallait s’y attendre, Israël dément l’accusation de l’Afrique du Sud. Pour la première fois de son histoire, il a promis de se défendre devant les tribunaux. Anthony Blinken, le ministre américain des Affaires étrangères a qualifié la plainte sud africaine de « sans fondement  » , malgré les pièces incontestables qui y sont versées.

L’acte posé par un pays africain est historique. Il est courageux, il est lourd de sens. Il tient de l’histoire, celle d’un pays qui a connu l’horreur de l’apartheid. L’apartheid est identique au drame palestinien imposé par Israël depuis 1948. C’est aussi un acte de fidélité à une relation construite par deux hommes: Yasser Arafat de Palestine et Nelson Mandela d’Afrique du Sud. 

Naturellement, Israël va compter sur ses soutiens indéfectibles: l’Occident, surtout les Etats-Unis. Il compte aussi sur le puissant lobby juif, disséminé à travers le monde. Ces soutiens multiples rendent Israël puissant, conquérant, dominateur, arrogant et inattaquable. Il est aussi agressif que son mentor américain. Il terrorise ses voisins. Il ne se soumet à aucune résolution internationale.

De 1939 à 1945, le monde entier avait coalisé pour combattre les atrocités hitlériennes contre les juifs. Une fois installés en terre de Palestine, les juifs appliquent depuis 1948 sur les Arabes autochtones, les recettes que Hitler avait appliquées sur eux.

Un pays africain, l’Afrique du Sud a le courage de dénoncer le racisme et la barbarie d’Israël sur les Palestiniens. 

Il sera difficile pour le gouvernement israélien d’échapper à une éventuelle condamnation. Les Etats-Unis, fidèles à leur soutien, mettront tout en œuvre pour empêcher cette condamnation. Si les Américains devraient contrecarrer le travail des juges de la Cour, l’histoire retiendrait que Washington ne s’était pas mis du bon côté. Elle retiendra également le courage et le sens de l’équité de l’Afrique du Sud.

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