mai 22, 2024
La position de Washington sur le Niger et, notamment, les résultats de la visite de la sous-secrétaire d'État américaine par intérim, Victoria Nuland, dans ce pays, ainsi que ses contacts avec les putschistes ont suscité le mécontentement de Paris. C’est ce qu’a fait savoir Le Figaro, se référant à une source diplomatique française.

« Ils ont fait tout le contraire de ce qu’on pensait qu’ils feraient », est-il indiqué. « Avec des alliés comme ça, on n’a pas besoin d’ennemis. »

Le journal rappelle que, depuis le début du coup d’État au Niger, la France a maintenu une ligne claire, c’est-à-dire, le retour de Mohamed Bazoum à la présidence. « Pour Emmanuel Macron, la crédibilité de la France, notamment en termes de discours sur la démocratie, était en jeu. Pour les Américains, même s’ils sont aussi préoccupés par un retour rapide à l’ordre constitutionnel, la priorité, c’est la stabilité de la région », a noté la source.

Alors que Paris a soutenu la décision de la Cédéao sur la mobilisation des forces de réserve pour préparer une opération militaire contre les rebelles au Niger, les États-Unis, note Le Figaro, par l’intermédiaire du secrétaire d’État Antony Blinken, se sont empressés de prôner une solution pacifique au Niger et ont progressivement cessé d’exiger le retour au pouvoir du président déchu, se concentrant sur la libération de Mohamed Bazoum et sur les conditions de sa détention.

Priorités américaines

« L’objectif des Américains est simple: conserver leurs bases », explique un diplomate français. « Si pour cela il faut tirer un trait sur le retour à la légalité constitutionnelle, ils n’hésiteront pas. Les militaires nigériens ne poseront probablement pas de problème d’ailleurs: ils savent que sans les capacités de surveillance américaines, tous leurs efforts pour combattre les djihadistes sont vains. »

Selon le média, les États-Unis ont un contingent assez important au Niger. Environ 1.300 militaires sont répartis entre les bases de Niamey et d’Agadez, dans le nord du pays. C’est la base d’Agadez qui revêt une importance stratégique pour le Pentagone, car elle abrite une piste d’atterrissage pour les drones, ainsi qu’un centre de surveillance pour toute la région, notamment pour la Libye.

Par ailleurs, les États-Unis pensent avoir « notre gars » parmi les rebelles, c’est Moussa Salaou Barmou, nommé chef d’état-major général des forces armées nigériennes. Selon Le Figaro, il a été formé aux États-Unis et a gardé des contacts étroits avec eux, et c’est avec lui que Victoria Nuland s’est entretenue à Niamey. Toutefois, malgré sa proximité avec Washington, Moussa Salaou Barmou, selon le journal, n’a pas encore montré une attitude favorable à l’égard de ses anciens instructeurs.

Paris est aussi mécontent par le fait que, malgré le nombre à peu près égal de militaires américains et français, soit 1.500 personnes, au Niger, le ressentiment dans le pays ne s’exprime qu’à l’égard des soldats français. « Les États-Unis, comme nos autres alliés d’ailleurs, ont l’habitude de nous laisser prendre les coups », a noté la source. Le journal estime que la perception hostile des rebelles à l’égard de la France est due à son passé colonial et à l’échec de l’opération Barkhane (de 2014 à 2022), une opération menée par les forces armées de la République pour lutter contre les groupes islamistes au Mali, au Burkina Faso, en Mauritanie, au Niger et au Tchad.

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