mai 25, 2024

Le Président français au Cameroun au mois de juillet 2022, lors de sa tournée en Afrique

Emmanuel Macron, le président français était arrivé au Cameroun comme César dans les provinces romaines de Palestine.

Il a plongé le public dans l’expectative, et la classe politique dans l’euphorie. Comme César, il a demandé des comptes à ses mandants. Il a prescrit des instructions et exigé des résultats. Nous segmentons son séjour au Cameroun en trois temps : avant, pendant et après.

Avant

Pour le politique. En ce moment de la géopolitique fébrile, César voulait se rassurer que la province Cameroun n’est pas « déviationniste ». Qu’elle demeure fidèle à la métropole, au-delà des actes épars. César voulait aussi avoir de la visibilité sur la transition ou la succession qui pointe à l’horizon, avant de donner son onction à une éventuelle option.

Pendant

Il y a eu deux instants significatifs : la conférence de presse était broussailleuse. César y était étincelant au début, puis il est devenu nerveux et condescendant pour finir. Paul Biya est resté fidèle à lui-même : bredouillant par moment. Enfin, pour faire adouber le dauphin pressenti, il présente Franck Emmanuel Biya à César. Les images en disent long.

Après

La presse fleurit d’images le séjour camerounais de César. Les réseaux sociaux s’enflamment en caricatures et en commentaires incantatoires. La rue de son côté, met Paul Biya en garde : « S’il tente de faire ce qu’il mijote là, le maquis renaîtrait au Cameroun ! ». Le président de la République aurait tort de ne pas prendre au sérieux cet avertissement qui circule partout !

Notre regard

La France est incontestablement une grande puissance. Nous lui en demandons parfois un peu trop. Nous lui en accordons aussi un peu trop de pouvoir. Ce ne sont pas les Français qui votent chez nous. Ce ne sont pas eux qui bourrent nos urnes de faux bulletins. Ils ne proclament pas les résultats de nos élections.

Si nous gérions bien nos États, de la solidité des institutions à la transparence électorale, en passant par la bonne gouvernance, la France ne serait qu’un partenaire qui respecterait le Cameroun et les Camerounais.

Nos dirigeants bricolent tout. Ils institutionnalisent la corruption, le trucage, la division et la mal gouvernance. Le pays devient ainsi fragile, ouvert à toutes formes d’interventions.

Nos dirigeants savent donc qu’ils sont assis sur le cratère d’un volcan prêt à cracher sa larve à tout moment. C’est pour cela qu’ils s’accrochent à la France, à fin que cette grande puissance intervienne en cas de besoin.

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