mai 25, 2024

Veiller au maintien de la sécurité routière

Je suis sans voix à l’arrière de la voiture. Lorsque je me retourne, je remarque les 2 agents de la police entrain d’emprunter un véhicule réquisitionné pour se lancer à la poursuite du fuyard.  Je me retiens de l’alerter.

Ce 12 janvier à Yaoundé, il est 10 heures du matin.  Le ciel est ensoleillé, sous une canicule persistante dont les interminables embouteillages renforcent les effets indésirables sur les populations de la capitale.

Je reviens de la Maison de la radio (Crtv) d’où j’emprunte un taxi en direction de Nkoldongo au lieu dit Carrefour Iptec. Sur le chemin, le chauffeur de taxi dans lequel je me trouve accroche le rétroviseur gauche d’un autre taxi qui se frayait un passage afin d’embarquer des passagers en attente. Notre taxi percute son collègue, au moment où nous arrivons à hauteur des sièges de la Sni d’un côté et la Librairie des Peuples Noirs de l’autre côté. Il poursuit sa route sans se gêner, sans se retourner, comme si rien ne s’était passé ! Le rétroviseur de son véhicule n’a pas retrouvé sa position normale, mais notre chauffeur s’en moque, il continue son chemin. Qu’est-ce qui pourrait le motiver à agir aussi crapuleusement ?

Plus loin, vers le collège Montesquieu à Mvog Ada, un agent de police l’interpelle. Il lui demande les pièces de son véhicule. Tout souriant, le chauffeur de taxi lui remet un dossier, il fait semblant de vouloir bien se garer, il trompe la vigilance du policier et continue sa route, il esquive le second policier qui tentait de l’empêcher de s’en aller.

Je suis sans voix à l’arrière de la voiture. Lorsque je me retourne, je remarque les 2 agents de la police entrain d’emprunter un véhicule réquisitionné pour se lancer à la poursuite du fuyard.  Je me retiens de l’alerter.

Lorsqu’il s’arrête pour prendre un second client au niveau du dispensaire de Mvog Ada, les policiers à ses trousses se stationnent tout juste devant son véhicule pour lui bloquer la voie. Ils entrent  dans notre taxi en nous ordonnant d’en descendre. Le chauffeur de taxi semble étonné et perturbé par les policiers. « Mais j’arrive, je ne peux pas fuir. Je vous ai remis les documents pour fuir ? » Tente t-il de rassurer les policiers.

Les policiers nous ordonnent de sortir en rappelant au chauffeur la faute qu’il venait de commettre. Mais le chauffeur prétend ne pas avoir tort puisqu’il allait revenir.

L’autre passager et moi sortons de ce taxi devenu à problèmes.  Les policiers ont peut-être dirigé ce chauffeur et son taxi vers le commissariat… nous ne le savions plus et ne le saurons plus jamais.

Mais ce que nous savons c’est que des cas d’infractions comme celui-là sont à répétition sur nos routes au quotidien : des chauffeurs qui esquivent les contrôles, ceux qui causent des accidents sans juger nécessaire d’attendre le constat de la police.

Un papa au volant de son taxi me disait tout récemment lors d’une discussion : « Il y a beaucoup de fous en route », en parlant des accidents qui sont causés sur les routes à cause des chauffards.

Le taxi est un service public ; ceux qui acceptent de faire ce métier devraient être d’excellente moralité. Ils devraient faire en sorte que leurs outils de travail soient protégés et en bon état. Ceci implique la mise à jour des dossiers de véhicules pour éviter des situations humiliantes, des enquêtes de moralité de ces chauffeurs, pour s’assurer de leur bonne moralité et veiller à la sécurité des passagers.

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