mai 25, 2024

Un livre deJean-Marie Kenfack, écrivain camerounais

Voici un autre chef d'œuvre taillé sur mesure dans le but d'attirer l'attention des autorités camerounaises considérées ici comme fabricants de la misère qui au-delà d’avoir élu domicile au pays de Samuel Eto'o fils, le maintient à genou.

Littérature

L’auteur de ce récit est Jean-Marie Kenfack; ancien rédacteur en chef de la chaîne de télévision Htv . Il dénonce la migration en dévoilant les fléaux sociaux qui minent la société camerounaise. Comme pour dire, il y a de bonnes raisons à tout ça !  « Et s’il fallait refaire ? » est un récit de dix chapitres. Le personnage principal, Gabriel Massouda, est l’aîné d’une famille de cinq enfants. Victime des difficultés quotidiennes associées à leur cadre de vie et contexte réputé hostile, il décide d’embrasser le monde impitoyable de la débrouillardise.  Massouda ne vivait plus. Il devrait survivre afin de subvenir aux besoins élémentaires des siens.

Contrairement aux enfants de son âge, il ne pouvait se payer le luxe de compter sur son père irresponsable et alcoolique. Il bénéficie du soutien de sa mère qui l’accompagne dans chacune de ses actions ; ceci jusqu’au triste jour où, contre toute attente, le voilà paralyser. Ainsi Massouda perd l’arbre qui cachait sa forêt de difficultés. Son dernier soutien devient son autre fardeau. Face aux atrocités de son vécu, sa vie devint un supplice dont les effets s’accentuent lorsqu’il se souvient qu’il est chômeur. On croirait que l’emploie le considérait comme un ennemi à éviter.  Grande est sa douleur, à la quête du bonheur rêvé pour sa famille, il opte pour un choix difficile et par-dessus tout très critique : l’immigration à tout prix.

C’est alors qu’il entrevoit son périple.

Mea culpa

Un voyage aussi pénible que long. Il a fallu quarante mois pour voir son rêve devenir réalité. Infatigable, il avance, s’efforce sans relâche. Il y a cru et a tenu bon. Son courage guidera jusqu’au but. C’est l’aube d’une nouvelle vie, de nouveaux défis. Il fallait donner un sens à son existence dans cet univers inconnu, peu maîtrisé qui l’accueille si froidement. Il comprendra très vite le sens de l’expression vivre sans exister aux yeux de son vis à vis. Vivre comme si on niait ton existence et ta nécessité d’avoir aussi une identité.

Pour captiver quelques moments d’attention, il monte des histoires autour de sa personne afin d’être d’actualité et bénéficier de la compassion des décideurs. Hélas ! Rejeté tel un dossier incomplet par la justice, il ne lâche rien, il fait appel, gardant espoir que sa terre d’accueil se rendra à l’évidence de ses insuffisances et fera son Mea culpa. Il garde l’espoir. L’espoir le garde. Finalement, dans l’attente de la sentence finale qui cache sans véritable efficacité, un dénouement malheureux, l’ouvrage est mis sous presse. Le chef d’œuvre de 102 pages est paru le 09 juin 2022 en France, aux éditions Sydney Laurent. Certains s’y reconnaîtront.

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