mai 22, 2024
Le Tvcag 2024 donne le quitus pour le financement de 5 projets de recherche opérationnelle en Modélisation. 30 experts de la lutte anti-vectorielle ont pris part aux 4 sessions de cette 4ème éditions du « Technical Vector Control Advisory Group ».

A l’issue de la rencontre, un comité restreint a adopté 5 projets qui seront financés pour une valeur globale de 20 000 dollars. Depuis 2018, les éditions du Tvcag se succèdent dans une logique de tradition. Avec le temps, elles gagnent en expérience, en valeur et en innovations. Le 28 mars 2024, Yaoundé, la capitale du Cameroun a abrité la 4ème édition de l’évènement. Ses acteurs osent. C’est un signe ! La question au cœur des échanges était celle de savoir comment la modélisation mathématique peut contribuer à la lutte contre les maladies à transmission vectorielle dont la plus célèbre est et demeure le paludisme. Une approche qui vient enrichir la liste des démarches, méthodes et outils employés jusqu’à lors dans la lutte contre les vecteurs des maladies.

 500 000 FCfa par projet

Ayant démarré par quelques présentations de spécialistes aguerris, le Tvcag 2024 s’est poursuivi par des échanges. Cette phase cédera la place aux groupes de réflexion. Ils étaient trois au total à l’œuvre pour l’élaboration de 16 questions de recherche décrites comme étant le sommet des préoccupations de l’heure. Un comité restreint mixte constitué d’experts dans le domaine de la modélisation d’un côté, des maladies à transmission vectorielle de l’autre, a assuré la sélection des 5 questions prioritaires.

Les opérationnels de recherche sont délivrés dans l’ordre suivant : 1er projet, « modéliser l’impact de la distribution d’un seul type de moustiquaires imprégnées à « longue durée d’action », (Milda) sur le territoire ».

2ème, « modéliser l’impact et le coût-efficacité intra-domiciliaire en comparaison aux moustiquaires imprégnées ». 3ème, « modéliser l’impact du niveau de couverture des Milda sur la transmission du paludisme », en 4ème position, « modéliser le risque d’émergence de résistance aux Act (Arthemisinin Combination Therapy) », et en 5ème position, « modéliser l’optimisation de la CPS (Chimio prévention du paludisme saisonnier) ». Selon les précisions apportées par le Dr Magellan Tchouakui, chercheur junior, alors qu’il assurait la communication de ces divers projets à l’audience, « le reste des sujets va constituer une base de données que l’on pourra utiliser plus tard pour mobiliser d’autres fonds qui peuvent être utilisés dans ce contexte ». Pour ce qui est desdits projets, qu’en est-il de la suite ?

Interrogé à ce sujet, le professeur Charles Wondji, chef d’Unité du projet « African Consortium in Modeling for Effective Vector Control », qui a organisé cette édition du Tvcag, a fait une annonce singulière.

S’adressant aux parties prenantes, il a indiqué qu’« après cette réunion, nous allons passer rapidement au lancement d’un appel d’offre afin que des personnes puissent postuler pour ces cinq sujets choisis. Aussi, nous avons décidé que les profils par excellence seront ceux des jeunes chercheurs en modélisation mathématique. Il s’agira précisément de ceux qui viennent de soutenir leur thèse, ou qui ont déjà fini leur thèse et sont en attente de la programmation de leurs soutenances. »

Le Pr Charles Wondji apporte des confirmations lorsqu’il dit qu’« il y a plein de paramètres qui rendent la lutte contre le paludisme un peu complexe. Et nous pensons qu’en utilisant une approche mathématique, on peut mieux prédire les stratégies qui pourront être mises sur pied pour réduire le fardeau ». Dr Raymond Tabue, chef de l’unité de lutte intégrée contre les vecteurs au Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), lors d’un échange avec la presse, a souligné l’importance de cette autre édition du Tvcag. Il souligne que « les défis que nous avons, c’est justement que nous n’arrivons pas à bien mesurer l’impact » des interventions des programmes de lutte contre les maladies à transmission vectorielle. « Et cette réunion est une tribune pour que les spécialistes en la matière, les mathématiciens, nous aident à évaluer l’impact de ces interventions », a-t-il expliqué sans détour.

Une trentaine de participants ont été au rendez-vous du Tvcag 2024. Tous, des acteurs des secteurs de la lutte contre les maladies à transmission vectorielle et de la modélisation mathématique. Ils ont répondu présent en qualité de représentants des ministères de la Santé publique, de la recherche et de l’innovation, de l’Environnement, de l’Agriculture ; du Secrétariat permanent du programme national de lutte contre le paludisme, d’universitaires, de représentants d’organisations, de chercheurs et d’étudiants.

La rencontre s’est déroulée en 4 sessions. Les travaux ont porté sur l’état des lieux de la situation du paludisme au Cameroun. Une occasion pour les parties prenantes de mettre en évidence les possibles apports de la modélisation mathématique, de souligner les aspects clés de la lutte anti vectorielle tout en précisant en quoi la modélisation, peut favoriser la prise des meilleures décisions par les personnes concernées. « Ce que nous faisons aujourd’hui … C’est en quelque sorte pour dire que notamment sur le territoire national, ce sont des approches que nous pourrions utiliser et qui sont déjà mises en œuvre dans les pays voisins, notamment au Sénégal et au Bénin », a soutenu le Pr Ramsès Djuidjou, chef d’unité adjoint du projet ACoMVeC !

WILLIAM TADUM TADUM

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