mai 25, 2024

Unis pour faire entendre leurs voix

Depuis 2015, chaque 13 juin on célèbre la journée internationale de la sensibilisation à l'albinisme. Pour cette année, le thème choisi est: "Unis pour faire entendre nos voix"

L’ALBINISME

Maladie génétique rare, l’albinisme est causé par une insuffisance, voire une absence de mélanine. Elle est matérialisée par la non coloration de la peau, des poils et des cheveux et une vue défectueuse sous le soleil. Différents par leurs aspects physiques. Au quotidien, les personnes souffrant de cette maladie sont souvent marginalisées et vivent dans l’exclusion sociale. Nous nous sommes rendus au quartier Anguissa dans la ville de Yaoundé, dans le but de savoir comment certaines personnes appréhendent l’albinisme et les albinos. Après beaucoup de refus et d’hésitation, nous avons obtenu quelques  avis sous anonymat:

« Je considère les albinos comme des portes bonheur. Chez nous, l’on m’a toujours dit que lorsqu’on a une bonne relation amicale ou amoureuse avec une personne albinos, elle nous porte chance « 

« Pour moi les albinos sont comme tout le monde. C’est vrai qu’ils sont différents d’aspect physique et que les frustrations qu’ils vivent souvent au quotidien peuvent beaucoup les atteindre du côté psychologique. Malgré cela, je les aimes bien et je trouve qu’elles sont des personnes aimantes. Et je profite pour demander aux autres personnes de ne pas les marginaliser »

« Quand je les vois j’ai pour la plupart du temps, j’ai peur par ce que je n’ai pas grandi avec des personnes comme eux autour de moi et je les voie aussi trop fragiles. Mais je ne trouve pas que leur maladie est une fatalité. On ne doit pas les exclure à cause d’une maladie qu’ils n’ont pas souhaité avoir »

« Je considère l’albinos comme toute autre  personne. Je ne vois pas l’albinisme comme un handicap. C’est juste que leur couleur de peau est différente de la à la nôtre. C’est par ce qu’ils sont minoritaires qu’on les voit  ainsi. Sinon, les blancs sont blancs ! Nous sommes noires, et ceux qui sont rouges de peau ! Eux aussi sont minoritaires. N’est ce pas aussi un handicap ? ».

Témoignages

 Généralement appelé « Ngueguerou » avec pour prononciation initiale en langue Duala qui donne « Ngueguetou ». Traduit en français ce mot à pour signification « chose mystique » ou encore « chose pas commode ». Certains albinos, en âge adulte disent avoir mal vécu ce mot étant plus jeune et racontent leur vie en tant que personnes différentes.

Raoul Happy, directeur du département vente de Monetic Payment Cameroon

« Étant plus jeune, j’ai eu plusieurs problèmes et altercations avec certains de mes camarades lorsque je les entendaient m’appeler « Ngueguerou », je le prenais comme une injure.  Quand je faisais le Lycée, pendant les interclasses, je me voyais agressé par certaines personnes par ce qu’elles voulaient voir comment je vais réagir. En les regardant, je ressentais qu’ils avaient plusieurs questions qui leur trottait à l’esprit, comme : est ce qu’il va se blesser ? Est ce qu’il peut encaisser des coups ? Par contre, il arrivait souvent que des personnes soient trop gentilles avec moi toujours à cause de ma couleur de peau. Du coup, j’ai grandi comme ça et  au fur et à mesure, je me suis adapté face à chaque comportement et que ce soit des mots ou des regards cela ne m’affecte plus.  

Il y’a des fois même je m’amuse à faire  des blagues sur ma couleur de peau quand je suis devant les gens. Pour la plupart du temps, ils sont plus gêné que moi. Mais bon ! C’est comme ça. Il y’a des personnes qui n’ont jamais vu un albinos depuis qu’ils sont nées, c’est normal  qu’elles soient choquées et veuillent en savoir plus. C’est ma peau, je ne vais pas la changer. Je me suis même déjà trouvé face à une situation où une fille voulait avoir des rapports sexuels avec moi par curiosité. Le regard des autres peut avoir un impact sur nous si on est pas fort, peu importe qui on est où ce que l’on est, on doit s’assumer. »

Patience Belombo, étudiante    

« J’ai plusieurs fois reçu des injures et des moqueries de la part des personnes en route, des camarades de classe, et même dans le taxi. Je me suis retrouvée plusieurs fois entrain de me chamailler avec un ex petit ami par ce qu’il me traite de mal chance après qu’ont soient sorties ensemble et ses affaires n’ont pas marché comme prévu selon lui. Une fois, j’étais en boîte de nuit, un monsieur m’a proposé de l’argent pour avoir un peu de mes cheveux par ce qu’il considère cela comme porte chance. Des hommes veulent coucher avec moi juste par découverte. Quotidiennement je vis des scènes pareilles. Comme on dit souvent, « je ne gère plus » par ce que je me suis déjà habitué et je ne vais pas me laisser frustrer par n’importe qui sous prétexte que je suis différente des autres ». 

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