mai 25, 2024
La tentative de perturbation de la quiétude du chef de l'État à l'hôtel intercontinental de Genève en Suisse lors de son récent séjour en Europe vient relancer le vieux débat sur le tribalisme au Cameroun.

La tentative de perturbation de la quiétude du chef de l’État à l’hôtel intercontinental de Genève en Suisse lors de son récent séjour en Europe vient relancer le vieux débat sur le tribalisme au Cameroun.

Certains de nos penseurs et non des moindres dans leur décryptage pour mieux comprendre le courroux de certains de nos patriotes basés en Europe ont conclu : la liste des manifestants est constituée des Camerounais de la même région qu’un leader politique bien connu.

La réaction a été vive et je dirais-même violente dans certaines chaines de télévisions bien suivies « c’est le pouvoir qui a institué le tribalisme avec ses notions d’autochtones et d’Allogènes inscrites dans la loi fondamentale pour combattre certaines communautés nationales et particulièrement la communauté d’origine du Président Élu ». J’ai eu la chair de poule en regardant ces panélistes se déployer sur le plateau de télévision, l’histoire de la radio des mille collines qui provoqua entre autres le génocide Rwandais en L97 4 me vint immédiatement à l’esprit. Alors que j’attends que certains de ces débateurs présentent une liste des porte-parole du leader politique incriminé qui reflète la composante sociologique nationale, pour balayer du revers de la main les arguments de leurs contradicteurs absents sur le plateau ; ils ont plutôt rompu en visière avec ces derniers en versant dans un repli identitaire ombrageux utilisant les expressions telles que : ces piètres politistes de Yaoundé ces piètres socio politistes de I’Ucac. Ils sont tombés pieds joints dans la promotion du tribalisme qu’ils étaient entrain condamner. Entre autres le code pénal a été même évoqué pour solliciter une procédure judiciaire contre ceux qu’il qualifie pseudo-intellectuels Dans ces conditions qui doit être traduit devant les tribunaux et qui ne doit pas l’être ? Consultons la loi fondamentale N »96/06 du L6 Janvier 1996 portant révision de la constitution du 02 Juin L97Z ; « L’État assure la protection des minorités et préserve les droits des populations autochtones conformément à la loi. Tout d’homme à le droit de se fixer en tout lieu et de se déplacer librement, sous réserve des prescriptions légales relatives à l’ordre, à la sécurité et à la tranquillité publics » Quelles sont ces prescriptions légales dont parle le législateur ? Entre autres ce sont d’abord les US et coutumes de ceux qui vous accueillent. Les tarifs des transports interurbains doublent le week-end pour ceux qui n’ont pas de moyen de locomotion propre parce que chacun est fier d’aller se ressourcer soit auprès de sa famille au village soit sur les tombes des parents pour rentrer revigorer prendre service le lundi.

Je partage avec vous cette anecdote : « un jour, un homme se trouve jeté sur le rivage d’une terre étrangère d’hommes et de femmes de toutes figures et de tout Age. Après avoir porté ses regards sur les différents objets qui le frappaient, il chercha dans la foule du peuple quelqu’un qui put l’instruire des lois et des coutumes, car le lieu lui plaisait, et il désirait de s’y fixer. Il vit trois vieillards à longues barbes qui causaient à I ‘écart, il les aborda. « Voulez-vous bien, Messieurs, leur dit-il, m’apprendre où je suis et à qui appartiennent ces contrées Si les meurs des habitants répondent à la sagesse et à l’ordre que je remarque jusque dans la culture de vos terres, vous êtes gouvernés par le plus grand et le meilleur des princes » cette anecdote est de Denis Dideko et date du XVIIIe siècle. Les Allemands qui avaient les moyens militaires financiers pour conquérir le Cameroun par la force ont signé une convention d’implantation avec Rudolph Duala Manga Bell avant de coloniser par la ruse le pays.

Comment expliquer la guerre fradicide entre les Bafoussam et les Bandjoun au lieu-dit Kuwethong qui a fait des morts ? C’est parce que les Bafoussam revendiquaient leur autochtonie sur Kweklong et ils l’ont obtenue. Comment expliquer la bataille rangée qui a fait couler beaucoup d’entre et de salive entre les Balis du département de la Mezam et les Bawock une communauté originaire du département du Nde qui voulut imposer ses us et coutumes aux populations de Bali ? L’enfer c’est l’autre disait Jean Paul Sartre.

L’intégration nationale oui ! Cette intégration ne date pas d’aujourd’hui. Le vive ensemble nous le pratiquons depuis Mathusalem. Pourquoi certains concepts heurtent seulement la sensibilité de certaines communautés qu’on trouve partout dans les confins du territoire national (Mandingrin, Touboro Kousser ! etc….) ? Tchaneue pierre le connaissiez- vous ? Cet expert-comptable de regretté mémoire était né à Douala vers 1910. Il était aussi bien installé à Douala qu’à Yaoundé. Il n’a pas eu le complexe d’aller gérer la mairie de Bazou à la fête de laquelle il est décédé. Que dire de Fotso Victor qui avait les moyens financiers de s’imposer comme maire à Yaoundé comme à Douala ? Il est mort étant maire titulaire de Pete-Bandjoun. Soyons sérieux ! Et l’équilibre sociologique alors qui meuble notre code électoral depuis 1992 ! De mémoire de chroniqueur judiciaire sa majesté Milla assoute originaire de Santchou dans la Maroua avait remis en cause 1997 la liste du Rdpc de ce département de l’Ouest. La liste comptait cinq candidats issus des cinq autres arrondissements sur les six que compte la Menoua. La cour suprême qui agissait en lieu et place du conseil constitutionnel a rectifié la liste pour introduire Millaassoute Mbo et tout récemment encore l’élection des délégués du commandement traditionnel a été annulée et reprise dans la Menoua parce que les chefs Mbo de Santchou n’étaient pas représentés au conseil régional de l’Ouest. Par ailleurs le régime matrimonial Camerounais est patriarcal ça veut dire que si mon père est Bamoun et ma mère Bafoussam je suis Bamoun comme mon père, il n’y’a pas de débat là-dessus. Revenons sur terre ! Respectons nos lois, nous tous sans exceptions qui avons choisi de chercher pitance ailleurs que dans nos villages d’origines. Respectons les us et coutumes de ceux qui nous accueillent sous peine d’attiser le spectre Rwandais dans notre pays.

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