mai 28, 2024
Le code de procédure pénale diversement interprété, l’audience n’a pu être achevée comme prévu ce 06 mai à Yaoundé. Les avocats de la défense demandent l’accès complet au dossier d’instruction. De l’autre côté, le commissaire du gouvernement leur propose un accès à la consultation individuelle.

C’est dans une salle pleine à craquer, surchauffée qu’a démarré la troisième audience au sujet de l’affaire Martinez Zogo, chef de chaîne d’Amplitude FM, ce 06 mai au tribunal militaire de Yaoundé. Martinez. Ils étaient une pléthore à venir suivre ce procès qui met le Cameroun au centre des attentions à l’échelle internationale. L’enceinte, ne pouvant contenir cette foule de curieux, les responsables judiciaires ont installé des haut-parleurs à l’extérieur pour permettre à ceux qui étaient postés à l’entrée de suivre l’exercice.

Violation du code de procédure pénale

À la barre, les avocats de la défense ont exigé unanimement la mise en état du dossier d’instruction, sans quoi, la défense ne saurait se faire dans le respect de l’égalité des armes. « Nous donnons l’impression au peuple camerounais que nous avons des choses à cacher », s’est offusqué Me Jacques Mbunny, avocat du colonel Justin Danwe, accusé de « complicité d’assassinat ».

Me Jacques Mbunny


Me Charles Tchoungang, à la défense de Jean Pierre Amougou Belinga, Pdg du groupe l’Anecdode, tout en qualifiant la situation de cirque prétend que « ce dossier est truffé de fausses pièces et de manipulation ». Selon lui, c’est la raison pour laquelle son accès leur est refusé.

L’interprétation du code de procédure pénale crée des ambiguïtés et diverge selon les parties. Le ministère public en accord avec le président du tribunal militaire, le colonel Missè, propose une consultation individuelle aux avocats de la défense, conformément aux textes de procédures pénales. Ces mêmes textes qui prévoient aussi « la mise à disposition du dossier au tribunal militaire ».
« Ce serait une faute professionnelle de défendre mon client sans connaître le dossier », réitère Me Mbunny.

Me Charles Tchoungang

Me Claude Assira ne s’est pas retenu de dire au Président du tribunal militaire qu’il est « entrain de noyer le dossier sans s’en rendre compte » et qu’il se fait « induire en erreur par le commissaire du gouvernement ». Toutes ces menaces n’auront pas suffit à provoqué une réaction de la part du président du tribunal militaire, allant dans le sens de les satisfaire. Lui, qui est resté constant sur sa position tout en qualifiant cela de « commentaire » de la part des avocats.

Me Claude Assira

Du côté des accusés, l’affabilité dont a fait preuve le Président du groupe l’Anecdote auprès de ses sympathisants ne pouvait passer inaperçu. Il était abondamment entouré de personnes venues le soutenir, lui et les autres accusés.

Pour finir, l’audience a été renvoyée au 27 mai prochain. Selon, Me Tchoungang, Me Assira, Me Job, Me Manyim, et tous les autres, le Président Missè n’aura pas la paix tant qu’il ne tranchera pas en faveur de l’accès complet au dossier d’instruction pour les avocats de la défense.

À la sortie de l’audience, des caméras, tels des paparazzis, étaient en faction devant le tribunal militaire pour voir le cortège des accusés sortir et s’en aller en direction de la prison centrale de Yaoundé.

CLAUDE SANDRA DEUTOU

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